En passant

Examen critique de la pétrification, Thorne Smith

23 Mai

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« Je ne vais jamais au lit avec des hommes, dit Mme Lambert, le menton vertueusement levé. – Pour l’amour de Dieu, fit Meg, naïve, avec quoi donc allez-vous au lit ? » (p77)

« La maison était bordée d’une longue et vaste véranda qui donnait sur un petit lac aux flots d’argent – on eût dit un sou neuf jeté parmi les arbres. On pouvait également suivre des yeux la courbe gracieuse d’une allée de fin gravier qui descendait mollement jusqu’au pavillon et jusqu’à l’abri à bateaux, lesquels s’élevaient comme un palais féerique des eaux du lac. La brise de la colline était plus fraîche qu’ailleurs, le soleil plus chaud et plus doux, l’air plus émollient et plus stimulant. La maison était antique et vaste. Elle dominait le paysage alentour d’un œil baronnial. » (p91)

« Cyril Sparks était un grand jeune homme élancé à l’apparence quelque peu chevaline. Un stock apparemment inépuisable de bras et de jambes étaient raccordés à son tronc. […] Il était taciturne et distrait : tant et si bien que sa famille comprenait qu’il avait bu (événement qui les réjouissait) lorsqu’il se mettait à fredonner à voix basse une vague histoire de garçon qui passe son temps à partir pour ne pas revenir. […] Hormis son rhum favori, Cyril avait un faible pour l’alcool à 90° du laboratoire de M. Hawk. Chaque fois qu’il s’y rendait, il commençait toujours par errer entre les étagères, sans but apparent, jusqu’à ce qu’il ait pu localiser la sacro-sainte étiquette et son C₂H₅OH familier. Cette quête accomplie, il était capable de prendre part à la plus intelligente des conversations. » (p93)

« Vous savez, je n’apprécie guère la pureté excessive. Je crois que d’une certaine façon, elle vous paralyse le sens moral. Pour rester en bonne santé, la morale devrait toujours être en train de circuler. Le progrès vient toujours de ce que quelqu’un qui n’a pas de morale décide de tourner la page. » (p226)

Examen critique de la pétrification, Thorne Smith, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne-Sylvie Homassel, L’oeil d’or, 2010

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