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Carte postale littéraire 2016 #1 dans le Gargano des Scorta avec Laurent Gaudé

22 Août
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Cet été, les Inopinées vous emmènent dans le sud de l’Italie et vous proposent, en antipasto de cette semaine italienne, le roman Le soleil des Scorta, de Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004.

Je descends dans la tombe. La liste de mes crimes est une longue traîne qui glisse sur mes pas. Je suis Rocco Scorta Mascalzone. Je souris fièrement. Vous attendez de moi des remords. Vous attendez que je me mette à genoux et prie pour ma rédemption… Je crache par terre… Non, le ciel est vide et je peux mourir en souriant… J’ai fait ce que j’ai voulu. Tout au long de ma vie. Je suis Rocco Scorta Mascalzone. Réjouissez-vous, je meurs. (pp54-55, extraits)

Pour les habitants de Monte Puccio, les Scorta sont maudits. Pauvres, fils de brigands et de violeurs, ils sont les diables que tous les villageois redoutent et évitent. Les enfants ont interdiction de jouer avec eux, et on se signe en les croisant. Mais Carmela, Giuseppe et Domenico ont décidé qu’il en irait autrement. Contre les haines, les rancunes et les préjugés du village, les frères et soeur vont consacrer leur vie à retourner le cours de la malédiction, écrivant jour après jour, année après année, la légende des Scorta.

Une fresque familiale portée par la puissance évocatoire de la langue de Gaudé, qu’on a dévorée d’une traite mais dont la brièveté nous a un peu laissées sur notre faim… La parfaite mise en bouche d’une semaine en Italie en somme.

À voir sur place : le trabuccho de Monte Pucci, où l’auteur imagine un mémorable festin de la famille Scorta. Autrefois lieu et outil de pêche, le trabuccho a d’ailleurs été transformé en restaurant de poissons et fruits de mer !

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Antipasto : Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Actes Sud, 2004

La suite du menu prochainement !

Pam

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Gardons notre poids plume !

4 Sep

Les Inopinées vous présentent leur rentrée littéraire (mitonnée aux petits oignons de derrière les fagots, si vous voyez ce que je veux dire)

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Une rentrée des « valeurs sûres » nous dit-on, signe que les temps sont durs et l’avenir incertain. Ces valeurs sûres, vous les connaissez bien, vous en avez déjà lue une, deux ou trois, vous ne savez plus très bien. Ce qui vous donne, mine de rien, l’impression de vivre la même rentrée littéraire chaque automne. Pas le meilleur remède à la morosité selon nous.

Hardis les gars, de l’avant, du souffle, de l’imagination !

On laissera comme toujours de côté ceux que vous connaissez trop, que vous aimez déjà plus que de raison et nous aussi. Parmi ceux-ci, sachez que nous renouvelons notre admiration à :

*liste de Pam* : Siri Hustvedt (Un monde flamboyant, Actes Sud), Steve Tesich (Price, Monsieur Toussaint Louverture)

*liste de Kelly* : Thomas Pynchon (Fonds perdus, Seuil), Eric Vuillard (Tristesse de la terre, Actes Sud)

*liste de Jen* : Leonardo Padura (Hérétiques, Métailié), Catherine Mavrikakis (La ballade d’Ali Baba, Sabine Wespieser)

Nous vous proposerons d’explorer à nouveau la rentrée de l’édition indépendante grâce à la Voie des Indés 2014, dont nous reparlerons, avec une première chronique à venir sur La révolte des cafards d’Oscar Zeta Costa. Si vous voulez un avant-goût, faites un tour sur ce dernier buzz.

Nous nous plongerons par ailleurs avec délice dans les méandres inter/intra/méta textuels de Jean-Marie Blas de Roblès (L’île du Point Nemo, Zulma), nous partirons à la découverte de la littérature d’anticipation russe façon Mirobole (Vongozero, Yana Vagner, Mirobole éditions) et terminerons par la mélancolie poétique d’une île frontière abandonnée (Le dernier gardien d’Ellis Island, Gaëlle Josse, Noir sur Blanc).

Face aux « poids lourds » de la rentrée, les Inopinées préfèrent garder leur poids plume !

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