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La rentrée des Indés – édition 2014

22 Sep

 Cette année pour la troisième fois consécutive, la Voie des Indés vous propose de découvrir l’édition indépendante française : 80 éditeurs, 250 auteurs, 100 bibliothécaires, 60 libraires, 500 lecteurs et blogueurs vous ouvrent la voie !

AFFICHEVDISITE

La rentrée littéraire n’a pas manqué de scandales mais côté découvertes, vous séchez ? La Voie des Indés vous propose un tour d’horizon de l’édition indépendante.

Retrouvez le programme des événements organisés et toutes les chroniques sur le site dédié  à l’opération ainsi que sur Libfly.com.

Dans le cadre de l’opération, nous avons reçu deux romans :

La révolte des cafards, d’Oscar Zeta Costa (Tusitala)

Le collectionneur d’oreilles, d’Esteban Bedoyan (La dernière goutte)

Chroniques à venir très bientôt sur ce blog !

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Homo homini lupus est

14 Nov

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Eh oui, l’édition indépendante a aussi ses titres un peu absurdes et à rallonge dans l’air du temps qui attirent inévitablement l’œil… Donc on a testé le « fakir/Ikéa » version indé avec ce nouveau roman de Tabish Khair, dont les deux premiers livres sont déjà parus chez Le Sonneur.

À première vue, ça commence fort. Par un froid matin d’hiver, dans les rues désertes d’Aarhus – riante bourgade danoise – notre narrateur se trouve dans sa voiture, garée sur le bas-côté, et tente désespérément de remplir un flacon de sperme pour la clinique de procréation médicalement assistée. Pris entre cette activité pas encore débordante, l’heure approchante d’une conférence qu’il est supposé donner à l’autre bout de la ville et que son compte en banque réclame à cor et à cri, et la menace d’une voiture de flics forcément suspicieux dans son rétroviseur, il craque. Divorce.

Retour à la coloc. Mais pas n’importe laquelle : notre narrateur, Pakistanais né musulman mais athée, emménage avec l’un de ses amis Indiens, Ravi, hindou de son état, dans l’appartement de Karim Bhai, chauffeur de taxi égyptien, et musulman pratiquant. Cela promet de belles heures cocasses, si chacun y met du sien. Et comme nous sommes en flash back avec un narrateur qui le sait déjà, il nous rassure, il y a bien un cataclysme final qui a déclenché ce récit.

Les deux amis n’ont pas immédiatement mesuré l’engagement religieux de leur propriétaire, mais s’en inquiètent ensuite d’autant plus que les tensions s’accentuent entre communautés – disent les journaux –, et il y a les réunions coraniques de Karim qui drainent plus de fidèles à l’appartement et toujours ces mystérieux coups de téléphone d’une femme désespérée… Ils ne veulent pas accuser Karim injustement et ils ne sont pas racistes mais…

Dans toute bonne fable intervient un fameux retournement, une sorte de « tel est pris qui croyait prendre » invocable à souhait dont les auteurs usent, voire abusent. Ici on assistera à une chute plus subtile et perverse, qu’on ne remarque pas forcément, bernés par l’humour, le prisme du narrateur. Mais à la fin, quand aveuglé par la honte et perdu parmi les siens, il ne peut plus lire son propre nom – qu’il a tu d’ailleurs pendant tout le récit – on est saisi d’un doute, et envahi par le malaise qui sourd dans ces pages. Si comme on dit depuis longtemps en Occident, l’homme est un loup pour l’homme, le narrateur a prouvé qu’il était irrémédiablement assimilé. N’est-ce pas ce que nous souhaitions ?

Jen

Comment lutter contre l’islamisme radical dans la position du missionnaire, Tabish Khair, traduit de l’anglais (Inde) par Antonia Breteuil, Le Sonneur, 2013

Dernière chronique pour la Voie des Indés, merci à tous les partenaires et rendez-vous l’année prochaine !

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Le cœur des hommes

8 Oct

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Si par ces douces soirées d’octobre on s’accordait le plaisir d’une pause badine, en compagnie d’un poète beatnik gentiment déluré ?

Thomas Rain Crowe en 1970 a 21 ans, il est à San Francisco, et se remet d’une peine de cœur infligée par une Carmélite française intraitable : « Je me demande toujours pourquoi, parmi toutes les femmes de France, je suis tombé amoureux d’une bonne sœur » (p5).

C’est vrai qu’on a tendance à penser qu’il le fait exprès. Voyez plutôt.

Échoué donc à Frisco, au milieu de l’effervescence beatnik des années 70, il s’entiche à nouveau, non pas d’une rêveuse perchée, d’une poétesse sous LSD, ou simplement d’une Californienne à la peau dorée … mais d’une espionne du FBI. Ou bien encore, au cœur des vignobles de la vallée de Napa, c’est à la seule actrice versatile du seul théâtre à des kilomètres à la ronde, évidemment, qu’il succombe.

Une victime qui rédigerait son propre réquisitoire misogyne ? Que nenni. Les femmes sont objets de fascination et d’amour pour Thomas Crowe, inconditionnellement. Tendre, et reconnaissant envers ses bourreaux de passage, il leur accorde que « Le plaisir venait de la poursuite. » (p29)

Il court ainsi, dans ces six nouvelles au charme léger, de triangles amoureux en passions éphémères et se souvient, avec honnêteté, et une candeur presque intacte à l’aube de ses soixante ans, de la chaleur des corps et de l’exaltation des âmes qu’on veut sœurs…

« À chaque fois qu’on parle d’amour, c’est avec jamais et toujours… », on le sait, il en fait l’apprentissage jusqu’au jour où… et c’est la dernière histoire, celle qu’on préfère, mais on ne vous en dira pas plus, c’est au poète de colorer l’automne.

Kelly

Pour les femmes, Thomas Rain Crowe, traduit de l’anglais (États-Unis) par Antoine Bergel, Aux Forges de Vulcain, 2013

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Deuxième chronique pour la Voie des Indés, une dernière à suivre !

La Voie des Indés, avec Libfly, Libr’Aires, Mediapart, et les Soirées de la petite édition.

Et vous, que feriez-vous ?

6 Sep

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Imaginez qu’on vous pose cette simple question, « Que faire ? » et que l’on vous lance à travers la ville, le monde, l’histoire, la fiction, accompagné d’une nouvelle Ligue des gentlemen extraordinaires. Mais ceux-ci sont d’un type particulier. Ou plutôt non, justement, ils sont comme vous et moi : un thésard en socio, une caissière, un retraité, une chanteuse, un clochard,… et je vous passe toute la liste parce qu’il y en a treize. Et comme à vous, l’auteur leur pose cette question : « que faire ? », il attend une réponse de chacun, il les a convoqués pour cela.

Évidemment, il faut creuser. Allez, on n’est plus en vacances, on s’y met. « Que faire » cela ne veut pas dire « comment on va bien pouvoir s’occuper à treize ? », là on aurait des horizons assez prédéfinis (pique-nique, football, trois doubles de badminton avec un arbitre…), non ce groupe-là, que vous avez choisi de suivre, cherche tout simplement… à faire la révolution.

À chaque chapitre son personnage et sa proposition. Sur les chapeaux de roue (qu’elles appartiennent à des trains désaffectés, aux premières Citroën électriques, aux bus divers et variés du réseau intra et périurbain) on suit nos conspirateurs dans leurs lieux secrets. Ce sont des zones grises, de pouvoir ou de passage, des archives jalousement gardées ou des ruines abandonnées. D’elles, chacun tire une histoire, un peu la sienne un peu la Grande, et développe un plan d’action.

Un livre à tiroirs donc, picaresque (fièrement et plusieurs fois revendiqué en tant que tel) qui nous mène de Lénine à l’histoire du linotype en passant par les trottoirs des dealers de Seine-Saint-Denis. Sous l’influence d’un léger syndrome Bouvard et Pécuchet, l’auteur a des velléités  encyclopédiques. Ça n’est pas pour nous déplaire, mais d’une révolution programmée, viendrait-on à un état des lieux ? Même pour suivre les très grands pas des grands rebelles, il n’est pas toujours facile d’exhiber leurs traces sur la piste et de tout détruire… Les empreintes passées commencent à compter davantage que la table rase.

Ainsi vient l’histoire de l’auteur. Un deuil, de ceux qui surprennent, à jamais injustes, à jamais incompris.

Les ramifications de l’urbs s’étendent au fil du parcours. Au final sa structure est là, complète, les lieux n’ont pas explosé, tout est en place. Et avec l’auteur et les Treize on se rassure. D’une souffrance terrible on se relève, d’un échec, d’un oubli, d’une place forte, on peut sortir. On peut continuer, et toujours, encore, lire, écrire, chanter, manger, et rire. Ce qui me semble un programme révolutionnaire des plus efficaces !

Urbs, Raphaël Meltz, éditions Attila/Le Tripode, 2013

PS : on me conseille de rajouter que c’est plein d’humour, d’esprit, de sentiments et d’aventures, je voulais aussi le dire mais cela semblait moins essentiel. Sachez-donc que c’est vrai, il y a tout ça dans ces 230 pages et pas qu’un peu, mais j’arrête parce que là je fais du Raphaël Meltz, je métatexte, et il fait ça beaucoup mieux que moi.

Pam

2013-09-05

Première chronique pour la Voie des Indés, deux prochaines à suivre !

La Voie des Indés, avec Libfly, Libr’Aires, Mediapart, et les Soirées de la petite édition.

La rentrée des Indés : l’édition indépendante en marche !

2 Sep

Pour cette rentrée littéraire, les Inopinées participent à l’opération La Voie des Indés

Avec le réseau social du livre Libfly.comLibr’Aire, l’association des libraires indépendants du Nord – Pas-de-Calais, le journal en ligne Mediapart et les organisateurs des Soirées de la petite édition

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Qu’est-ce que c’est ? 

L’occasion de découvrir les publications de rentrée de « petites » maisons d’édition, trop souvent passées sous silence dans les médias traditionnels. Libfly, réseau social du livre, donne l’opportunité aux blogueurs de recevoir quelques titres de leurs choix, les chroniques des livres seront publiées sur le blog dédié à l’opération et les meilleures sur le site de Mediapart. Alors vous vous doutez qu’on n’a pas hésité une seconde.

Qu’est-ce qu’on va lire, hors pistes ?

Nous aurons donc le plaisir de vous faire découvrir, grâce à la Voie des Indés, trois titres :

Urbs, de Raphaël Meltz, aux éditions Attila-Le Tripode
Comment lutter contre le terrorisme islamiste dans la position du missionnaire, de Tabish Khair aux éditions Le Sonneur
Pour les femmes, de Thomas Rain Crowe, aux éditions Les Forges de Vulcain

Les lectures ont commencé, et on peut d’ores et déjà vous dire que ça promet.

Retrouvez toutes les infos sur l’opération la Voie des Indés ici, nous on s’active et on vous livre bientôt nos pépites de rentrée.

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